haybafm 28 mai 2020


Interview de Jean Rémy Guedon, Directeur de l’Alliance Française de Moroni.

Comment l’Alliance s’est-elle organisée pour continuer le travail avec le confinement ?

Pour l’équipe administrative (pédagogique et culturelle) :

A ceux qui n’avaient pas d’ordinateurs chez eux, nous avons déménagés ceux de l’alliance. Et nous avons communiqué par whatsapp chaque jour en se servant de nos smartphone comme modem. L’alliance a bien sûr pris en charge le coût des crédits internet. Nous avons tenté quelques vidéos mais les réseaux ne sont pas assez fiables pour la visio malheureusement.

Quelles sont les activités que vous avez pu maintenir ?

Sur l’aspect pédagogique : certains de nos professeurs avaient déjà des groupes whatsapp avec leurs étudiants. Ils ont donc formé les autres professeurs à ce type de relation « pédagogico-numériques ». Ce fût une divine inspiration car après plus de deux mois de confinement, plus de la moitié de nos apprenants sont encore en lien avec leurs professeurs.

Sur l’aspect culturel et pour le spectacle vivant, nous avons lancé une invitation aux artistes Comoriens à créer un petit moment en vidéo , le tout convenablement rétribué. C’est une opération que nous avons baptisé clin d’œil. La plupart des artistes ont relevés le défi et cela nous a permis d’avoir une présence artistique malgré la fermeture. Mieux que ça, cette opération qui se voulait solidaire avec les artistes nous avons permis aussi d’avoir une bien meilleurs visibilité sur notre page facebook. https://www.facebook.com/Alliance-Fran%C3%A7aise-de-Moroni-300602840136463/

Pour la médiathèque,

Nous avons proposé des lectures autour des contes pour les petits que la médiathécaire Riama Moussa a lu en début de chaque semaine. Nous avons aussi organisé des concours de dessin, des présentations du caractère ludique des jeux vidéos.

Notre médiathécaire adjoint Karim Oumouri nous parle de notre présence virtuelle:

« A la médiathèque, notre plus belle collection reste notre public .

Le travail à distance nous éloigne malheureusement de notre public mais nous oblige à nous placer à l’ère du numérique. C’est donc par le biais des réseaux sociaux et des outils numeriques que nous continuons de proposer à nos adhérents une offre culturelle.. ».

Comment préparez vous la reprise?

D’un point de vue sanitaire, nous nous sommes inspirés de différents protocoles de reprises d’activités. Je viens de soumettre un document d’une dizaine de pages à nos tutelles pour réussir cette réouverture. Ce dernier propose un chronogramme qui étape par étape remet l’alliance et ses différents services en marche. Nous allons rouvrir la médiathèque et finir cet été la session de cours interrompue en mars. Contrairement à d’autres alliances et grâce à une trésorerie fiable, nous avons pu nous préserver et garantir nos engagements auprès de nos étudiants et de tous malgré la longue fermeture.

Qu’est ce qui va changer dans votre fonctionnement, y’aura t-il un avant et un après COVID-19 ?

Soyons sûr d’être bien en période « après covid » pour appréhender cette situation. En premier lieu nous allons être attentifs à éviter une deuxième vague même si la probabilité de celle-ci diminue. Par chance cette épidémie garde la même cinétique et nous pouvons apprendre des autres et donc anticiper. Pour un changement profond, je ne sais trop. La relation inter personnelle numérique qui était déjà bien présente dans le travail va augmenter encore. Néanmoins, on voit bien ce qui manque quand on est privé de société : les temps informels qui sont les terreaux des échanges d’idées qui nourrissent l’objet collectif entre autre.

Qu’avez vous expérimenté et que vous pouvez garder plus tard?

Je suis à peu près certain que les groupes whatsapp d’apprenants resteront actifs. Même si le virtuel ne peut remplacer le présentiel, c’est un complément qui a montré son efficacité et qui restera un outil de communication important dans l’avenir. Nous allons d’ailleurs en faire la thématique du prochain Novembre Numérique « l’accord entre le réel et le virtuel » une opération soutenue par l’institut français Paris.

En dernier, le rapport avec le public, avez vous pu garder le lien malgré la fermeture ?

Nous avons fait de facebook une vitrine de nos activités. Nous sommes passés de 1700 abonnés il y a deux ans à plus de six mille aujourd’hui. C’est une forme de réponse pour le public sur le plan culturel. Sur le plan pédagogique, le lien avec les étudiants et les professeurs n’a pas été rompu comme je vous l’expliquais au dessus.

TM

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