haybafm 14 octobre 2019


99,1% de réussite au bac depuis l’année scolaire 2010-2011. Seule l’année 2012-2013 fit exception aux 100% de réussite avec une « déception » de 91%.
Nous parlons de la Terminale C du GSFA (École Fundi Abdulhamid). Super. Mais ce n’est pas ça qui m’a fait ruminer de plaisir avant hier. M. Ali Mze Ahmed, Directeur du GSFA, une des personnalités comoriennes que j’admire comme modèles de dévouement et compétence pour la construction du pays, m’a envoyé des données sur l’école, pour une enquête que HaYba mène sur le statut fiscal de l’enseignement privé.
On y trouve la feuille dont la copie publiée ci-dessous, retiendra certainement l’attention de nombreux Amis de HaYba. Comme c’est souvent le cas, l’évidence qui saute aux yeux ne devient évidente qu’après le temps que met notre cerveau à se secouer de ses préjugés et de son conformisme pour la voir comme evidence. J’ai mis 5 mn à faire le va et vient sur la terrasse, les yeux cloués sur la feuille, à me dire qu’il y avait plus dans ce papier qui me titillait que les 99% de réussite.
Gamin quand j’étais un peu agité, Mdzadza Mhamadi, me disait, enda wafanye zisabu (Va compter…). J’allais à notre boulangerie compter les pains et les croissants, je comptais les cheveux blancs précoces de ma tante, le nombre d’animaux ou de personnes sur une image d’un livre, les mangues murissant d’un manguier ; ça me calmait. Parfois j’arrivais de moi-même à des conclusions. Par exemple que les mangues mûrissaient plus vite du côté le plus exposé au soleil. Que des pains invendus de la journée, la plupart étaient pâles. Je n’avais pas encore appris la règle de trois.

Bref je suis allé à la machine à calculer du téléphone.

Mais bien sûr, une majorité de filles ! 61 % des élèves de cette Terminale C qui réussit à quasiment 100% au bac, sont des filles. Labeka ? Oui. C’est pour la période allant de l’année scolaire 2010-2011 à l’année 2018-2019. Le pourcentage de 55% de filles, est moins féminisé si on inclut les 3 années de la décennie précédente à partir de l’année scolaire 2007-2008 où débutent les données.
Et là apparaissent des interrogations que pédagogues, sociologues, enseignants, conseillers scolaires, décideurs politiques et organisations professionnelles, dans un pays priorisant l’éducation, s’attelleraient à répondre : comment, pourquoi ?
Pendant les 3 premières années, les garçons représentaient 65% de l’effectif.
Il y a eu un changement à partir de 2010, qui n’a fait que s’amplifier avec une exception en 2011-2012.
Les filles qui comptaient pour 35% sont à 61 %. Un basculement complet.
Comment expliquer ça ?
Il est probable que des Amis de Hayba familiers de l’éducation hausseront les épaules en nous écrivant « vous êtes en retard, ce n’est pas étonnant, Directeur de mes deux, tu t’étonnes que les nanas soient plus calées en maths que les mecs ? Pfff !  »
A l’école j’ai connu des filles premières de la classe. J’ai recruté, travaillé avec des femmes qui étaient les meilleurs ingénieurs, les meilleurs économistes de la société ou du service. Ici, c’est autre chose. Un effectif de 61% de filles contre 39% de garçons sur une période de 10 ans dans une classe Terminale de maths d’un bon lycée mixte, oui je m’en étonne. A 53% contre 47% je ne m’interrogerais pas beaucoup. J’ai des très bonnes matheuses dans la famille dont une dont je veux un jour compter le nombre de sauts dans un mach de basket, sa vraie passion.
Bon vous qui pensez que 61% de filles dans la classe de Terminale la plus performante du pays ne vaut même pas un commentaire dans Snapchat, que direz vous de réfléchir pour faciliter une bonne contribution de ces enfants à la construction de ce pays, en réduisant les embûches à leur intégration et responsabilisation professionnelle ? Si nous sommes d’accord que les jeunes filles sont au moins aussi intelligentes que les garçons, quel pourcentage de responsables techniques femmes compétentes et pas seulement « parentes ou amies de ou originaires de » prévoit -on d’avoir dans 10 ans ? Combien en compte-t-on aujourd’hui dans les différentes secteurs professionnels de l’état et du privé ? Ce qui urge est toujours de changer de Président de la république et on discutera de ce genre de question après n’est ce pas ? Et si on se préoccupait sérieusement ce genre de questions pour les confronter aux responsables actuels et à venir pour mesurer leur engagement et préparer le changement de société.

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