Un nouveau code de l’information en gestation

Le projet de loi portant code de l’information sort de ses tiroirs trois ans après. Comme les règles le stipulent, il sera porté à l’assemblée par le ministère de l’information. S’il est adopté en plénière la semaine prochaine et promulgué par la suite, il remplacera celui qui date de 1994, jugé obsolète par les professionnels.

La presse s’est réunie mardi 17 décembre dans le but de sensibiliser aussi bien les députés que l’exécutif sur la nécessité impérieuse du projet de loi portant code l’information. Ce projet de loi date depuis trois ans mais refait surface à la suite des arrestations arbitraires dont sont victimes les journalistes ces derniers temps. Si on s’en tient aux réactions des députés présents à l’atelier, il devra être validé sans ambages en plénière la semaine prochaine.

Ce projet a déjà fait l’objet d’une modification par le gouvernement. L’objet de l’atelier était de porter des amendements et sensibiliser les députés pour l’adoption mais aussi pour prendre en compte les observations des professionnels. Une initiative saluée notamment par l’ancien ministre de la justice, Mohamed Abbas Elhad pour qui les journalistes doivent assainir leur milieu car « il y a parfois des dérapages à n’en plus supporter ».

Au moment où la main mise du pouvoir sur les médias publics est des plus flagrantes, le doyen d’alwatwan Hassane Madjuwani a réclamé haut et fort l’indépendance de ces organes qui « appartiennent au peuple et non à Azali encore moins à Sambi ». « Il faut que les gouvernants gardent en tête que ce n’est pas parce qu’ils sont publics que les médias publics leur appartiennent. Ils appartiennent au peuple qui les finance », devait-t-il rappeler devant le directeur de cabinet du ministère de l’information et le porte-parole de la présidence entre autres figures.

L’on a constaté beaucoup d’avancées dans le ce projet ne serait-ce que l’idée d’avoir un conseil d’administration pour ces médias publics. Les procédures pour nommer les personnels intérieurs, les procédures pour nommer les membres de l’organe régulateur (CNPA) …Beaucoup d’aspects techniques qui concernent les journalistes qui, lors de cet atelier d’une journée, ont essayé d’aller au plus près de la réalité pour faire en sorte qu’ils arrivent à travailler correctement et surtout en sécurité.

Sur ce point précis, Mohamed Idriss estime qu’il faut verser dans le projet de loi des dispositions qui vont protéger davantage le journaliste. Une proposition ô combien importante qui ne tente pas Mohamed Hassane, ancien rédacteur en chef de la Gazette des Comores. Ce dernière estime en effet que la loi doit être « lâche, aérée de façon à permettre son amélioration au fil du temps ». « Plus elle est rigide, plus nous nous constituons des blocages », a-t-il poursuivi.

Dans tous les cas, rien n’empêchera aux gouvernants de s’en prendre aux journalistes quand ils le veulent, et ce quel que soit l’arsenal juridique en vigueur. Le porte-parole de la présidence pense quant à lui qu’il faut poursuivre les sensibilisations car un jour, « vous arriverez à faire plier les gouvernants ». Il insistera en revanche que la liberté d’expression a ses limites au nom de la stabilité. Les députés, eux, sont tous ravis de l’initiative et se sont engagés à ce que le projet de loi soit adopté le plus rapidement possible, soit la semaine prochaine.

TM

Source :http://lagazettedescomores.com

Author: haybafm

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