haybafm 15 juin 2020


Une issue heureuse a été trouvée dans le dossier sensible du stade de Sima sur l’île d’Anjouan. L’État a finalement débloqué la situation, notamment celle liée au 33 millions de frais de pénalité surestaries que l’affréteur devait à l’armateur suite à un retard sur le déchargement du matériel. Il s’agit de quatorze conteneurs dont 9 de 40 pieds et 5 de 20 pieds remplis de materiel qui sont destinés à la construction des enclos et de la pelouse du stade de Sima et des engins d’entretien de la pelouse synthétique qui sont venus par avion à l’aéroport prince Said Ibrahim.
Le projet du stade de Sima a traîné en longueur à cause des rapports de force intra et interministériel, chacun voulant s’attirer les faveurs. Il a fallu que le chef de l’État siffle personnellement la fin de la récréation pour que les acteurs concernés se mettent au travail.
Une délégation de la FIFA, qui était de passage au mois de mars, avait constaté les retards du dédouanement et avait donné aux autorités jusqu’au 1er juin au plus tard pour trouver une solution. Les techniciens du Ministère des Finances et celui de la Jeunesse et Sport ont été sommés de faciliter la résolution de ce problème mais, après 3 mois rien n’a été fait. L’arrêté conjoint entre ces deux ministères n’a jamais été signé.
N’eut été l’intervention du chef de l’État après que le Gouverneur Anis Chamssoudine, lui ait transmis un message du comité de pilotage de la ville de Sima. Passé le délai de l’ultimatum, la FIFA était disposée à débloquer les fonds nécessaires pour dédouaner les conteneurs au détriment du financement des projets de développement du football.

Débuté en 2018 ce projet est un énorme chantier qui brasse des centaines de millions de nos francs et qui doit aboutir à terme à la construction d’un stade international selon les normes FIFA. Grand de 4 hectares le site est une donation de la commune de Sima. La communauté de Sima a supporté les 75 millions nécessaires à l’aménagement de la plateforme et l’Etat les 9 millions de mise à niveau du site. Divisés en deux phases les travaux débuterons dès la réception de tout le matériel.
La première phase qui est celle de la mise en forme, consiste à l’ensablage du terrain, la pose de la pelouse synthétique, les clôtures internes, les clôtures de sécurité, les bancs de de touche, les camps des buts et l’éclairage. Un mur de soutènement parachévera cette première phase. Tous les fonds nécessaires de cette phase estimés à 800.000.000kmf sont entièrement pris en charge par la FIFA. Les travaux sont confiés à une entreprise Réunionnaise qui sous-traite avec une société malgache du nom de HCB.
La construction des gradins et la sécurisation du site sont la deuxième phase du projet. Si le financement n’a pas encore été arrêté, l’étude porte sur un stade à 8000 places dont les gradins seront positionnés sur 2 côtés au sens de la longueur.
Anly Bourhane dit Ali Baba président du comité de pilotage de Sima a tenu à remercier tout ceux et celles qui ont aidé à débloquer la situation. La présidente du comité de normalisation qui n’a ménagé aucun effort, le gouvernement a travers le président Azali qui a pesé de tout son poids pour bouger les lignes mais, particulièrement le gouverneur de l’île autonome d’Anjouan qui, 10 jours après un entretien avec le chef de l’État, les choses se sont décantées. Sa reconnaissance est d’autant plus grande que c’était tout le projet de construction des gradins qui risquait d’être mis en peril si la partie comorienne n’avait pas honoré son engagement.
La présidente de la Fédération parle d’un coup de pouce salutaire donné au football comorien dans cette période pleine d’incertitudes.
Pour la deuxième fois après le conteneur ( ballons, chaussures et maillots ) du mois de février, le président Azali à sorti le football comorien d’une situation qui semblait pourtant inextricable.
Que signifie cette omniprésence du chef de l’Etat ? Traduit-elle un manque de confiance envers ces ministres ? Le feu qui couve entre ministres conduit-il le chef de l’État à se charger des dossiers sensibles ?
Ce qui est sur c’est que tout ce brouhaha trahit une certaine frilosité au sommet de l’État.

Said Ahmed Badraoui

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