haybafm 1 mai 2020


1969, une voiture bleue de marque Simca Citroën immatriculée 1103 –C une identité remarquable de Mouzaoir Abdallah, du chef du parti du Rassemblement Démocratique du Peuple Comorien, RDPC, qui venait d’être crée officiellement .
Les jeunes lycéens grévistes de 1968, imbus d’idées révolutionnaires se cachaient pour le rencontrer . Si d’aventure un d’entre eux était aperçu par un des pistikili ( RG) très nombreux à l’époque, il risquait l’exclusion . C’était une autre forme de dictature plus intelligente, plus civilisée, disons « blanche » ; sans tortures ni assassinats.
Le 9/9/70 premier congrès du RDPC dans une concession de M. Aboudou Mdoihoma dit Massuruwali , un redoutable orateur Kumredi ( comrade en anglais ) expulsé de Zanzibar par la révolution de 64, sise vers l’actuelle Station d’essence Mouzdalifa vers Hadoudja.
Des orateurs et oratrices se succédaient à la tribune et chauffaient la foule en scandant Wewu ! Wewu ! Blanc ! Blanc ! C’était la couleur du parti et de ses bulletins de vote.
Il y avait Zaina Mdéré , Zaina Meresse, les deux Zaina du Mouvement Populaire Mahorais. Ā l’époque l’espoir existait encore, on croyait à l’unité géographique et politique de l’archipel.
C’était avant la Grande Fitna de Michel Debré, Pierre Mesmer, Pujo et consorts qui ont mis en route leur plan de balkanisation de l’archipel dans le congrès du RPR tenu à Nice en juillet 74.
1972, Mouzaoir le dissident refuse de rejoindre l’UDZIMA car il ne partageait pas le même point de vue qu’Ahmed Abdallah Abdérémane sur l’accession à l’indépendance et sa gestion.
Et pourtant c’est lui Mouzaoir qui l’a pourtant aidé à accéder au pouvoir avec la motion de censure ( mososansur) contre le Prince Said Ibrahim avec le soutien du Haut Commissariat français .
Mouzaoir démissionne du perchoir malgré les avantages du poste surtout à l’époque, suite à une mésentente avec Ahmed Abdallah, concernant la mise en place d’une assemblée constituante regroupant tous les partis afin de rédiger la constitution comorienne. Ahmed Abdallah n’était pas d’accord .
1975, Mouzoir le Bourgeois de bonne famille de Moroni est sollicité par le Révolutionnaire Ali Soilihi , antibourgeois pour les postes- clés de la Révolution, celui de coordonnateur du CNR ( Comité National Révolutionnaire) et le poste de Ministre des Affaires Étrangères. Mouzaoir se révèle un fin diplomate, malgré son jeune âge. Le premier acte qu’il pose alors est la signature des Accords de Lome le 28 février 75, entre l’Union Européene et les A.C.P (Afrique Caraibe Pacifique), avec l’ex- Ministre Claude Cheysson et ancien Commissaire Européen au développement .
1976, Mouzaoir conduit une délégation comorienne à Madagascar après les Massacres de Majunga et réussit à arracher de main de maitre , le rapatriement des Comoriens qui voulaient quitter Madagascar pour rentrer aux Comores et négocie en même temps avec la compagnie Belge Sabena pour le rapatriement presque gratuitement .
Fin diplomate il réussit avec le soutien de Salim Ahmed Salim, ambassadeur de Tanzanie aux Nations unies, et l’aide d’une équipe composée de Salim Himidi et des jeunes cadres du Ministères des Affaires Etrangères tels Ahmed Thabit, Mohamed Hassane Mshangama , Mohamed Salim Hamisse, etc à faire admettre les Comores aux Nations Unies, par une mobilisation de ses pairs Africains et partant des président de leurs pays respectifs.
Mouzoir Président de la Cour Constitutionnelle sous le président Ikililou vit son mandat écourté par le Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Cet acte provoqua un tollé de la part des différents chef des institutions qui signèrent une lettre ouverte au président Sambi pour protester contre cette décision .
La dernière apparition politique de Mouzaoir Abdallah fut pendant les élections de 2016 où il figura sur l’affiche du candidat Azali Assoumani comme d’autres personnes de sa génération.
Retraité actif, les organisations internationales faisaient recours à lui pour des éclaircissements et des avis sur la situation politique du pays. Ce fut le cas d’ailleurs lors du référendum de 2018 où une délégation de l’U.A et de l’UE le consultèrent incognito pour leur rapport.
1938 -2020 , 82 ans de vie dont environ 53 ans d’engagement politique permanent comme tout homme politique de conviction.
Durant sa vie il a eu beaucoup d’amis comme beaucoup d’ennemis mais tous s’accordaient sur sa dimension d’homme d’État. Homme discret et peu enclin à la communication médiatique, il a laissé inexpliquées beaucoup de zones d’ombres qui alimentent les diatribes de ses ennemis.
Homme prévoyant il a néanmoins pris la peine de faire écrire sa biographie que Madame Kamaria Aoidi et votre serviteur ont eu l’honneur et le plaisir de rédiger avec sa participation active.
Nous espérons pouvoir la publier dans un maximum de 3 mois en espérant que d’ici là, la guerre entre les hommes et le coronavirus Covid-19 sera gagnée par les humains avec l’aide du TOUT PUISSANT
Adieu Mouz ! Adieu Chehu ! Adieu Papa Rahal, Puisse Allah te pardonner tous tes péchés et t’ouvrir grands les bras de son infinie MISÉRICORDE . AMINA YA ROIBI !

INNA LILAHI WA INNA ILLAYHI RADJIOUN !

Ikoni le 30 Avril 2020

Abouabacar B SAID SALIM

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